Stratégie 2020-2030 du réseau français des Villes-Santé // Intervention de Françoise Chevallier au conseil municipal // Lundi 23 septembre 2019
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Cette délibération fait mention régulièrement de la question de l’environnement car effectivement le lien entre santé et environnement n’est plus à démontrer.

Notre groupe avait déposé un vœu pour ce conseil demandant l’interdiction de l’usage des pesticides en raison de leur effet néfaste sur la santé sur le territoire de la ville de Lyon – pour les espaces privés puisqu’il n’y a plus d’usage de pesticides dans les espaces publics -. Je précise que de nombreux espaces privés de la ville de Lyon non soumis à l’interdiction des pesticides existent encore : espaces verts d’entreprises, de la SNCF ou encore de copropriétés faisant appel à une entreprise pour l’entretien. Vous avez refusé ce vœu alors que le même a été adopté par des villes comme Paris, Nantes ou Lille…

Nous nous arrêterons sur la question de la pollution de l’air.

En effet les études scientifiques s’accumulent pour affirmer que la pollution de l’air a des effets très graves sur la santé, en particulier chez les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées : asthme, allergies, dermatites, déficiences immunitaires… Les travaux publiés récemment par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) le confirment une fois de plus. Les décisions de justice tombent, elles aussi : la responsabilité de l’Etat a été retenue pour carence fautive dans plusieurs cas. Et une décision de la Cour de justice de l’Union européenne, assortie de fortes amendes, est attendue prochainement.

Alors à Lyon où en est-on ? De nouveaux, de forts épisodes de pollution ont eu lieu fin juin et fin juillet qui ont entrainé la mise en place de la circulation différenciée. Certes certains polluants ont diminué ces 15 dernières années mais nous avons encore trop régulièrement ces épisodes de pollution et surtout l’augmentation de l’ozone en période estivale liée à l’augmentation des températures et aux périodes de canicule, qui elles ne feront qu’augmenter aussi. Rappelons que l’ozone en milieu urbain est lié aux dioxydes d’azote émis par les moteurs thermiques et à la chaleur.

Certains polluants comme les particules ultrafines (les PM1) ne sont pas mesurés. Les études indiquent que ces particules ultrafines ont un effet encore plus grave sur la santé car elles pénètrent plus profondément dans l’organisme. Nous avons appris que dans le cadre de l’expérimentation de la piétonisation de la presqu’ile des capteurs (ATMO-Track) permettant de mesurer la concentration de ces particules ultrafines allaient être installés en divers endroits de la presqu’île. Comment se fait-il que de tels capteurs n’aient jamais été installés au droit des écoles situées dans des zones très polluées et en particulier l’école Michel Servet ?

Les élus du groupe Europe écologie Les Verts vous demandent instamment d’installer au plus vite ce type de capteurs au droit des écoles, en lien avec ATMO AURA, afin que les élus et les parents disposent d’informations fiables.

L’Anses toujours dans ces travaux publiés récemment indique la nécessité de réduire le trafic routier car les évolutions technologiques ne suffiront pas à réduire suffisamment les émissions de polluants. Elle demande aussi et à renforcer les transports en commun et les modes actifs (vélo et marche).

La ville de Lyon est en retard sur ce sujet par rapport à d’autres grandes villes, en effet :

– il reste de grands axes à l’intérieur de la ville qui compte trois ou quatre voies de circulation tels par exemple les quais du Rhône (axe nord-sud) ou encore le tunnel de la Croix- Rousse sans parler de l’autoroute déclassée à Confluence ;

– il reste énormément de stationnement en surface, mais vous préfèrez supprimer des voies bus-vélo pour installer des bacs de végétaux en gardant du stationnement ;

– les zones piétonnes sont peu importantes et on expérimente la piétonisation de la presqu’ile une fois par semaine alors que dans d’autres villes les centres sont déjà largement piétonnisés ;

– la mise en place d’une ZFE a été décidée, elle doit être effective au 1er janvier 2020. On a de quoi être inquiets sur la réalité de cette mise en place quand on voit le peu d’information faite à ce jour et les demandes de dérogation qui vont être faites. Et toujours aucun plan pour rendre plus restrictive cette ZFE aux véhicules particuliers (automobiles et deux roues motorisées qui polluent tout autant).

Il y a urgence sur la question de la pollution de l’air, la santé des lyonnais en dépend ! On sait combien le réchauffement climatique accentue déjà ces pollutions.

La ville de Lyon doit agir dans le cadre de ses compétences à la hauteur de ces enjeux !

Françoise Chevallier, Conseillère municipale Europe Ecologie Les Verts et apparenté-e-s de la Ville de Lyon

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