Réduction de la circulation sur le quai Perrache // Intervention d’Etienne Tête au conseil municipal // 1er juillet 2019
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Avec le réchauffement climatique tout le monde se sent une âme d’écologiste et les prosélytes veulent égaler les écologistes.

Monsieur David Kimelfield nous reproche de ne pas vous donner assez de bons points quand vous avancez du bon coté. Je ne veux pas être le professeur vis à vis de l’élève, c’est désobligeant. Mais surtout, notre volonté n’est pas de mesurer les traitements, mais de mesurer les guérisons. Qu’aujourd’hui nous soyons à l’étape de trouver des traitements intéressants ne prouve pas que nous soyons guéris.

Sur le fond du dossier du Noeud Ferroviaire, nous voulons avoir une approche globale tant sur les coûts économiques qui nous permettraient d’avoir d’autres solutions, de mieux dépenser l’argent, que sur les enjeux écologiques et par exemple la nappe phréatique.

Maintenant, abordons les vrais enjeux de ce qu’il y a derrière ce dossier : est ce que l’on va réaliser oui ou non l’anneau des sciences ?

Au delà de notre position évidente sur ce sujet, j’aimerais vous amener à réfléchir différemment. Aujourd’hui, il n’y a pas un seul jour où les analyses des écologistes ne sont pas confirmées. Aujourd’hui c’est la canicule. Il y a quelques semaines, on apprenait que 2 milliards de tonnes de glace avaient fondu au Groenland … Et tous les jours, nous avons des évènements climatiques de cette nature.

Au niveau gouvernemental, le Ministre de l’Écologie a dit que pour respecter nos objectifs concernant les enjeux climatiques, il fallait diminuer de 40% le recours aux énergies fossiles d’ici 2030.
Regardons ce que cela signifie, alors qu’aujourd’hui nous n’avons avancé sur rien en matière de transport.
En 2017, le transport individuel de voyageurs est de 757 milliards de voyageurs kilomètres, il était de 728 milliards en 2002. Aucun progrès n’a été réalisé sur les 15 derniers années. Les véhicules particuliers effectuaient 13 500 kilomètres par voiture et par an en moyenne en 2004. Après une petite baisse en 2012, ils sont à nouveau comptabilisés au même niveau. Là encore, il n’y a aucun progrès. Si on regarde l’évolution des transports par mode, là aussi, on s’aperçoit que les véhicules particuliers sont toujours en hausse, nonobstant la montée des transports par voie ferrée. L’augmentation permanente de la mobilité aboutit à ne rien gagner. Le transport terrestre de marchandises est encore plus catastrophique parce que le ferroviaire s’écroule entre 2002 et 2017, alors que la quantité de matière transportée a continué à augmenter.

Que dit le gouvernement par les publications du Ministre de l’Écologie :  » l’évolution souhaitée pour le secteur des transports est une baisse des émission de Gaz à Effet de Serre de 29% d’ici 2050. » Comment faudrait-il réaliser nos objectifs en 2050 ? Par exemple, j’ai pris le scénario Négawatt. Pour atteindre l’objectif de réduction de rejet des gaz à effet de serre, il faudrait diminuer de 25% les déplacements en voiture entre 2015 et 2050. 25% de voitures qui roulent en moins, c’est cela l’objectif !

Pour aboutir à cet objectif quelle est l’utilité d’une nouvelle route ? Nous avons bien assez de routes aujourd’hui pour qu’en 2050 nous ayons 25% de voitures en moins.

Si nous décidons aujourd’hui de créer de nouvelles routes, nous sommes en totale contradiction avec nos objectifs.

Là on est dans la grande contradiction, c’est que quand on lance le projet de l’anneau des sciences, on veut qu’il soit rentable. Alors de deux choses l’une : ou il y aura les voitures annoncées sur l’anneau des sciences pour le rentabiliser et cela veut dire que partout nous n’aurons pas l’objectif des 35%. et donc partout le dérèglement climatique sera encore pire. Soit on a réussi l’objectif des 35% de moins et alors l’anneau des sciences ne sera pas rentable.

On est bien en pleine contradiction par rapport aux objectifs.

Le Laboratoire d’Economie des Transports de Monsieur Bonnafous à Lyon a démontré depuis longtemps que plus on crée de voiries, plus le choix modal est pour la voiture jusqu’à la congestion. Au contraire, les restrictions de trafic ont un effet positif qu’on nomme effet de disparition parce que chacun a plus de facilité à faire d’autres choix modaux.

Etienne Tête, conseiller municipal Europe Ecologie Les Verts de Lyon

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