Rapport sur le prix et la qualité du service public de prévention et de gestion des déchets ménagers et assimilés – 2017 // Intervention d’Emeline Baume au conseil municipal // 21 janvier 2019
Partager

Ce rapport annuel sur le service public de prévention, collecte et traitement du contenu de nos poubelles me permet de vous annoncer qu’enfin les lyonnais-e-s vont s’y retrouver !

De quoi je vous parle ?

– D’abord de la simplification du geste de tri : en effet dans une semaine, les élu-e-s de la Métropole sont invité-e-s à donner leur accord pour qu’au 1er janvier 2020 chacun puisse mettre l’ensemble de ses emballages dans le bac vert ou jaune. Plus besoin de s’interroger, le geste est simplifié et, au final, ce seront plus de matières recyclées en France et en Europe. Cette simplification est rendue possible entre autres parce que notre territoire aura un outil technique qui saura faire le tri très correctement. Il s’agit du centre de tri situé à Chassieu. C’est la mise en oeuvre, 2 ans en avance, d’une obligation issue de la loi Transition Energétique Croissance Verte.

Ensuite, la question de la transparence de l’usage des fonds publics : la loi de finances 2019 dit enfin clairement que les fonds levés par la taxe d’enlèvement des ordures ménagères doivent aussi servir aux politiques publiques de prévention des déchets, dit autrement de réduction du contenu de nos poubelles !

Par ailleurs, l’ensemble des groupes politiques ou presque ont travaillé la question pendant plusieurs semaines à la Métropole. Des propositions concrètes ont été faites parmi lesquelles : un outil administratif favorisant la transparence, à savoir la création d’un budget annexe comme pour l’eau. Si le Président de la Métropole annonce qu’il retient ceci, c’est pour les écologistes un pas de plus fait pour respecter la loi TECV, pour tenir le cap d’une transition écologique pour notre territoire.

Pour les élu-e-s écologistes au moins deux autres leviers relevant entre autres de la Ville sont à mobiliser pour tenir les obligations réglementaires et ainsi assurer un service de qualité aux habitant-e-s, tout en accompagnant une transition intense en activités et emplois, une transition de nos modes de production et consommation.

-Agir sur l’offre de consommation dite responsable et accessible à tous pour « consommer mieux, afin de jeter moins ». Concrètement avant de pénaliser l’habitant-e pour sa quantité de déchets produits avec une tarification incitative, la collectivité doit faciliter la proposition d’alternatives partout sur le territoire qui répondant aux besoins essentiels : alimentation, hygiène, vêtements …

Le label Lyon Ville Equitable et Durable contribue à la mise en visibilité de ces solutions, il faut amplifier cette dynamique. Ceci concerne les politiques de développement économique avec l’accélération de projets entreprenariaux, la facilitation d’implantation, la logistique du dernier kilomètre, etc … Si notre collectivité s’est dotée d’un cadre de commande publique dit durable, elle peut agir plus et plus vite avec sa délégation au commerce et à l’artisanat en ce domaine.

– Mobiliser l’envie d’agir de chacun, accompagner les changements de comportements de façon pérenne : il est là question d’éducation populaire et citoyenne. Pour sortir du rêve de l’accumulation de biens et aller vers des modes de vie plus intense en expériences et en liens, partout où des initiatives habitantes émergent, il faut accompagner et communiquer largement sur ces démarches et réalisations collectives à fort impact social et environnemental. Les écologistes ont bien noté que la Ville a abordé le sujet avec certain-e-s habitant-e-s dans le cadre de la dernière concertation relative à un plan climat. Mais il faut aussi intégrer plus et mieux ces questions dans nos politiques éducatives et dans l’exemplarité des structures petite enfance comme, par exemple, avec des activités dédiées au zéro gaspillage, zéro déchet de la cantine à la maison. Le message que nous donnons compte, tout autant quand dans ce conseil municipal nous avons encore des bouteilles en plastique, à l’inverse dans ce que nous disons dans ce rapport, !

C’est avec ce cap là que notre territoire limitera au prochain mandat ses dépenses d’investissements vers des sites industriels de traitement, pour mobiliser l’argent public vers des boucles locales d’économie circulaire parmi lesquelles : la location et l’échange, la réparation, le réemploi, le retour à la terre de biodéchets, le recyclage matière, etc

A l’heure des grands débats locaux et nationaux, abordons frontalement cette question de l’accès aux matières et de la circulation de ces dernières donc la question de nos déchets pour répondre aux besoins de chacun-e, tout en préservant un écosystème mondial extrêmement vulnérable.

Emeline Baume

Conseillère municipale Europe Ecologie Les Verts et apparenté-e-s de la Ville de Lyon

2 réflexions au sujet de “Rapport sur le prix et la qualité du service public de prévention et de gestion des déchets ménagers et assimilés – 2017 // Intervention d’Emeline Baume au conseil municipal // 21 janvier 2019

  1. Une très bonne nouvelle quant à la simplification du tri, merci pour votre action.
    Par contre je m’interroge sur la responsabilité des industriels de l’agro-alimentaire, notamment, dans la surproduction de déchets plastiques ou autres, via le suremballage. N’est-ce pas à eux que l’on devrait s’adresser en priorité, via des incitations ou des législations, pour se débarrasser du problème à sa source ?
    Ils créent un problème qu’il incombe ensuite aux contribuables et aux élus de résoudre (mal et de manière incomplète, pour l’instant). Mettons les entreprises devant leur responsabilité au lieu de toujours demander aux particuliers ou aux collectivités davantage d’efforts. Interdisons le suremballage et obligeons les industriels à utiliser des matières recyclables.
    Le suremballage crée peut-être des emplois (ceux du suremballage et ceux du recyclage) mais ce ne sont pas des emplois vertueux, puisqu’ils vont à l’encontre du bien commun. On sait que les déchets produits ne sont pas tous recyclés, très loin de là. A quand une législation locale et/ou nationale pour se débarrasser du suremballage ? Merci.

  2. Un problème persiste avec les cartons d’emballages qui doivent être évacués en déchetterie .Difficile de les stoker en appartement en attendant un volume suffisant, et que dire de ceux qui n’ont pas de véhicules pour les transporter , les petits commerces les mettent dans la poubelle grise .Il faudrait réfléchir à un ramassage différent ,ou les autoriser en poubelle verte .

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.