Rapport Développement Durable 2018 // Intervention de Françoise Chevallier au conseil municipal de Lyon //18 novembre 2019
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Le rapport Développement durable 2018 est à nouveau un catalogue d’actions certes intéressantes mais qui ne facilite pas la mesure réelle et complète de ce que fait la ville en matière de développement durable. Il est accompagné d’une série d’indicateurs qui ne permettent pas mieux d’évaluer l’engagement de la ville.

Plusieurs exemples

Le nombre de km d’aménagements cyclables réalisés est indiqué pour les années 2016, 2017 et 2018 mais ni le point 2014 ni l’objectif prévu pour 2020 ne sont indiqués. On sait par ailleurs que l’objectif pour 2020 est de 300 km, est-il atteignable ? Les données fournies ne permettent pas de le savoir. Le chiffre de 283km réalisés aujourd’hui donné oralement par Alain Giordano le laisse penser.

Les mesures de la qualité de l’air intérieur dans les crèches et les écoles. Des campagnes de diagnostics de la qualité de l’air ont été faites, on nous précise le nombre de diagnostics réalisés mais le seul résultat indiqué est un manque de renouvellement d’air. Nous ne savons pas le nombre d’écoles ou de crèches concernées, aucun résultat sur les polluants mesurés. Rappelons que nous vous avons demandé à plusieurs reprises ces résultats par école et que vous ne nous les avons toujours pas transmis ! Et les données fournies par Alain Giordano, ce jour, sur la pollution de l’air extérieur ne sont pas présentes dans le rapport …

Sur les objectifs du plan climat de la ville de Lyon, les 3X20

Le rapport donne l’évolution des émissions de gaz à effet de serre (-25,2 % par rapport à 2010, objectif atteint), la part d’énergie renouvelable de l’ensemble des énergies consommées par la Ville (part de 30 % liée au nouveau marché de la ville, marché d’électricité verte 100 % d’origine renouvelable, objectif atteint grâce à ce marché mais production d’Énergies Nouvelles Renouvelables faible).

Par contre le rapport ne donne pas l’évolution de la consommation d’énergie. D’après les informations du comité de pilotage du plan climat, la baisse de la consommation d’énergie est aux alentours de 7 %. Un résultat bien loin de l’objectif de baisse de 20 % pour 2020. Est-ce là la raison du non affichage de ce résultat ? La Ville aurait pu atteindre un chiffre bien meilleur car les bâtiments communaux et les établissements scolaires qui ne sont pas correctement isolés sont encore nombreux. Mais il aurait fallu décider d’investir plus, beaucoup plus dans la rénovation thermique des bâtiments municipaux ce que la Ville a régulièrement refusé de faire malgré nos alertesrégulières.

Concernant les dépenses pour le chauffage, l’électricité et l’eau seul un montant de dépense globale est affiché alors que les détails étaient fournis pour les années 2016 et 2017 . De même pour les consommations d’eau, de chauffage ou d’électricité aucun chiffre n’est donné pour 2018. C’est incroyable, dix mois après la fin 2018, quand on sait l’importance de ces sujets et l’importance du suivi de ces données dans la lutte contre le changementclimatique !

Sur le nombre de places de stationnement pour les voitures supprimées en surface aucune information n’est donnée alors que c’est un indicateur qui permet de connaître la place libérée au profit d’autres modes de déplacement comme le vélo ou la marche à pied ou encore pour développer la végétalisation de la ville. J’ai demandé cette information en commission et je l’attends toujours … Dans le cadre du label Citergie c’est aussi une information attendue

La Ville avait démarré un travail de partenariat avec l’Université Lyon 2 pour mettre en place une batterie d’indicateurs qui permettent de mesurer l’avancée de la Ville sur les aspects du développement durable mais ce travail a été arrêté dans l’attente d’une autre orientation qui serait de retenir des indicateurs relevant des dix-sept objectifs du développement durable de l’ONU, orientation retenue par le gouvernement.

C’est le dernier rapport Développement durable de ce mandat et la Ville n’a toujours pas à disposition un outil global de suivi et de pilotage de sa politique en matière de développement durable. A l’heure où les scientifiques nous rappellent régulièrement l’urgence des changements de politique à mener pour faire face au changement climatique et à la préservation de la biodiversité , cela nous paraît peu responsable !

Il y a urgence à avoir un réel outil de suivi et de pilotage. Il y a urgence à prendre des mesures fortes pour lutter contre le changement climatique.

Et si tout allait si bien comme il nous a été longuement expliqué lors de la présentation du rapport, pourquoi aurait-on des épisodes de canicule de plus en plus longs et fréquents, pourquoi aurait-on des épisodes de pollution de l’air régulièrement ?

Les habitants de Lyon, les marcheurs pour le climat attendent et sont prêts à des changements à la hauteur des enjeux.

Françoise Chevallier, Conseillère municipale du groupe des élu-e-s Europe Ecologie Les Verts et apparenté-e-s de la Ville de Lyon


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