Mission d’information sur le patrimoine immobilier de la ville // Intervention de Françoise Chevallier au conseil municipal // 17 décembre 2018
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Cette mission nous a apportés beaucoup d’informations sur le patrimoine immobilier de la ville de Lyon et sur les méthodes de travail et l’organisation de la ville en ce domaine. Et cela est précieux pour les élu-es. Merci aux services pour le travail fourni à cette occasion.

L’existence d’un référentiel immobilier, véritable répertoire qui fait l’inventaire de tous les bâtiments ou espaces non bâtis existants ainsi que de leur usage, leur évolution est essentielle

Les enjeux de gestion du patrimoine ont été précisés :
– respect de la réglementation et de son évolution ;
– optimisation du fonctionnement et adaptation aux nouveaux usages ;
– maitrise des coûts d’exploitation et de maintenance.

En revanche les enjeux de rénovation énergétique sont peu présents, hormis des exemples de rénovation effectués en particulier sur les bâtiments les plus énergivores. Ces enjeux de rénovation énergétique sont plus que des enjeux réglementaires. Ils sont liés aux objectifs que notre ville s’est fixés pour son plan climat. C’est regrettable que cela ne soit pas plus intégré, affiché dans la démarche de conservation du patrimoine. D’autant que les bâtiments pèsent pour 83 % dans les dépenses énergétiques de la ville et que la ville est à seulement moins 8,3 % de ses dépenses énergétiques fin 2017 pour un objectif de moins 20 % en 2020. Un retard inquiétant car il sera difficile à rattraper.

Illustration significative de ce constat : la mission n’a obtenu aucun état du patrimoine actuel selon son étiquette énergétique. Et ce n’est pas faute de l’avoir demandé à plusieurs reprises ! Pourtant seul cet état permettrait de savoir si les rénovations énergétiques réalisées sont à la hauteur des objectifs fixés pour le plan climat.
Certes la ville fait des rénovations mais en fait-elle un peu, moyennement, beaucoup en fonction des objectifs à atteindre. Je suis, nous sommes, toujours dans l’incapacité de le dire à l’issue de cette mission !

Concernant la prospective, la démarche à partir des données et modélisations de l’observatoire urbain nous a été présentée . L’étude partenariale prévue avec l’Insee devrait permettre d’affiner ces analyses.
Si la prospective et les résultats en matière d’équipements scolaires nous ont été présentés, il manquait et manque encore les résultats de prospective dans d’autres domaines comme les crèches, les équipements sportifs, les espaces verts…

La ville ne s’est pas dotée d’un observatoire foncier, nous le regrettons. Car même si cette fonction est remplie par le travail croisé de différents services de la ville, il serait plus efficace et pertinent de le formaliser dans un observatoire avec les moyens adéquats. Les tensions liées aux évolutions démographiques constatées et à la disponibilité de foncier le justifient pleinement.

Enfin la prospective concernant la réhabilitation thermique de notre patrimoine n’a quasiment pas été évoquée. C’est un manque important du travail de cette mission.

En conclusion cette mission a apporté beaucoup d’informations, mais elles sont incomplètes et ne permettent pas une réelle évaluation de la politique patrimoniale de la ville.

La rénovation énergétique des bâtiments municipaux dont l’importance devient grandissante face à l’urgence climatique doit prendre toute sa place dans les objectifs de la politique patrimoniale de la ville. Mais nous constatons que l’exécutif n’en a pas pris encore toute la mesure.

Françoise Chevallier
Présidente du groupe des élu-e-s Europe Ecologie Les Verts et apparenté-e-s de la ville de Lyon