Exploitation du casino de Lyon // Intervention d’Etienne Tête au conseil municipal // 21 janvier 2019
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Avant de voter, il est intéressant de se reporter à ce qu’il s’est passé il y a une vingtaine d’années, quand la ville a voté la création du casino à la Cité internationale.

Tous les élus l’ont voté du bout de la main, parce qu’ils ne voulaient pas trop s’en mêler. Raymond Barre disait que c’était un signe de décadence et Alain Meirieu, 1er adjoint a refusé de la voter. Mais on a dit à l’époque : « on n’a pas les moyens pour  financer l’hôtel, de faire autrement ». Donc c’est par dépit et manque de courage financier que le conseil a voté le casino à Lyon.

Sauf que depuis vingt ans, c’est amorti, puisque l’amortissement d’un bien immobilier est de vingt ans. Aujourd’hui, nous n’avons plus besoin d’avoir un casino à Lyon. Il est donc difficile de comprendre pourquoi nous en avons toujours un.

Il n’y a pas eu de mise en concurrence réelle, puisqu’il n’y a qu’un candidat. Evidemment, il est le propriétaire des murs ! Personne ne prendra le risque d’entretenir le propriétaire des murs en mettant un autre casino à l’intérieur du lieu.

Sur l’éthique et la morale, l’argent a de l’odeur ! On ne peut pas faire n’importe quoi, on doit donner une forte image de moralité à la ville de Lyon. En France, il y a 25 millions de joueurs dont 600 000 addicts, donc à caractère pathologique. Parmi ceux-ci, 20% sont des joueurs de casino. Un rapport parlementaire dit : « l’addiction au jeu est un débat de santé publique majeur » . Dans ce rapport, on mesure le « retour-joueur » qui montre les jeux les plus addictifs, et la conclusion du rapport dit : « les casinos en dur offrent des jeux de hasard, notamment « contre-partie » qui comportent des risques majeurs en terme d’addiction, machines à sou, roulettes » . Et c’est ce que nous faisons à Lyon dans ce casino. Nous avons à réfléchir : « pourquoi continuer, alors que c’est amorti ? ».

Enfin, constatons qu’une fois de plus, on continue à mettre en place le régime de l’engrenage, parce les articles 33 et 34 de la DSP disent déjà, à l’avance, qu’on va re-signer la prochaine fois. On le dit parce qu’on parle de la reprise du matériel. C’est à dire que l’on garantit que si cela ne continue pas, on va racheter le matériel dans l’article 33. Dans l’article 34, on dit la même chose pour le personnel.

Vous nous expliquez Monsieur le Maire que les sociétés commerciales doivent prendre des risques et que c’est pour cela que c’est normal qu’ils gagnent de l’argent. Laissez les prendre des risques et faire des provisions avant la fin de contrat en cas de non-renouvellement. C’est cela la formule légale.

Notre groupe votera contre cette délibération.

Etienne Tête

Conseiller municipal Europe Ecologie Les Verts et apparenté-e-s de la Ville de Lyon

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