Cession d’un terrain rue du Bon Pasteur // Intervention d’Arthur Rémy au conseil Municipal de Lyon // 17 décembre 2018
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Intervention d’Arthur Rémy, Manufacture de la Cité en son nom et pour le groupe des élu-e-s Europe Ecologie Les verts et apparenté-es de la Ville de Lyon

J’interviendrai au nom des élus de la Manufacture de la Cité, mais également des élus du groupe Europe Ecologie les Verts.
Nous voudrions vous convaincre que le projet inhérent à cette cession est un mauvais projet pour le 1er arrondissement, pour la Ville de Lyon et pour la Métropole.

Il est un mauvais projet, car il n’est absolument pas guidé par la notion d’intérêt général ! Bâtir la seule, la dernière friche du 1er arrondissement alors que la ville maîtrise ce foncier, implique une réflexion sur la ville que nous voulons. Le contexte d’inflation immobilière que nous connaissons dans le 1er, comme dans d’autres arrondissements, doit nous amener à réfléchir aux populations que nous voulons accueillir et donc au prix des loyers.

Pour ma part, j’ai toujours motivé la décision de bâtir cette parcelle à la condition d’un projet répondant à cet enjeu majeur. Et malgré la proposition d’un projet d’habitat coopératif au cours de la consultation que vous avez organisé, vous n’avez pas su saisir cette occasion.

Cette consultation reposait sur un cahier des charges avec quelques obligations : une construction environnementale exemplaire, la production de logement abordable et un rez-de-chaussée actif, la préservation d’un espace vert en arrière de parcelle. Bien évidemment, les candidats devaient préciser leur proposition de prix d’achat, qui fixait alors le prix des logements…

Trois opérateurs ont concouru : Néoxia le lauréat faisait face à un projet de Vinci Immobilier et au projet de coopérative d’habitants accompagné par un promoteur social, le groupement SOLLAR – Coopérative du Mont Sauvage.

Bien qu’il propose un prix de rachat de la parcelle supérieur à ces concurrents, vous avez écarté le projet de Vinci Immobilier. Sûrement le projet le plus caricatural en la matière avec cette proposition de logement à 7000€ du m2. Édifiant, mais aussi très rassemblant à d’autres propositions sur le secteur … !

Reste à choisir entre Néoxia et le groupement SOLLAR – Coopérative du Mont Sauvage. Pour les comparer, reprenons les critères du cahier des charges.
1/ Alors que Néoxia propose un système constructif en béton, le groupement SOLLAR – Coopérative du Mont Sauvage proposait un bâtiment à ossature bois, conformément à vos annonces, Monsieur le Maire, au cours des vœux 2017 aux acteurs de l’hôtel de ville.
2/ Le projet du groupement SOLLAR – Coopérative du Mont Sauvage était le plus aboutit pour répondre aux défis de la crise du logement. Il faisait le pari du logement abordable et durable, conformément aux besoins identifiés par le futur PLUH. Par ailleurs, le projet du groupement SOLLAR – Coopérative du Mont Sauvage proposait 30% de logement social, garantit par la présence du bailleur SOLLAR dans le groupement. De son côté, le projet Néoxia est un projet classique de promotion immobilière. Aucune garantie n’est apportée dans l’acte notarié quant à l’obligation de la réalisation de cette part de logement social, Néoxia n’a pas fait connaître le bailleur avec qui ils travailleraient sur cette opération.
3/ Le projet du groupement SOLLAR – Coopérative du Mont Sauvage proposait d’ouvrir une partie de l’espace vert à l’arrière de la construction aux habitants du quartier, faisant le pari d’une bonne insertion dans les dynamiques sociales du 1er arrondissement. Néoxia, lui, se contente d’un jardin 100% privé.

Le choix était donc clair. Le groupement SOLLAR – Coopérative du Mont Sauvage était le meilleur du point de vue des critères du cahier des charges. Pour autant, c’est Néoxia qui sort vainqueur, malgré le fait que leur projet ne répond pas à l’ensemble des critères du cahier des charges. Tout simplement, parce que Néoxia proposait un prix d’achat supérieur à celui du groupement SOLLAR – Coopérative du Mont Sauvage.

Le seul souci que vous avez eu dans ce projet, ce n’est finalement pas la qualité du projet, mais bien le remboursement des frais occasionnés par l’achat de la parcelle et de sa gestion au long cours.

Ce projet manque donc d’intérêt général !

Pourtant, vous aviez ici l’occasion de vous distinguer, de construire un projet répondant à la fois aux besoins de notre cœur de ville, tout en promouvant un projet atypique au regard d’autres métropoles européennes, un projet répondant à l’enjeu de l’inflation immobilière.

C’est une occasion manquée ! Une occasion sur le 1er arrondissement qui ne se représentera pas. Et c’est bien dommage, car lorsqu’on maîtrise un foncier, que la collectivité en a été propriétaire par voie de préemption, c’est bien pour proposer un projet de qualité répondant à l’intérêt général.

C’est une opportunité gâchée ! Nous aurions eu tout à gagner à développer une autre approche que la cession par mise en concurrence. Un bail à construction aurait pu être un montage plus favorable à une coopérative d’habitants ou à un bailleur social.

Nous tenions enfin à remercier et à féliciter les membres de la coopérative du Mont Sauvage. Car ils ont su proposer un projet de qualité dans un cadre rigoureux. Ils ont montré leur sérieux pour franchir les étapes administratives, juridiques, techniques d’un tel dossier. Cela doit nous inspirer pour les années à venir et la confiance dont nous devons faire preuve vis-à-vis des citoyens porteurs d’initiative de coopérative d’habitants.

Intervention d’Arthur Rémy, Manufacture de la Cité en son nom et pour le groupe des élu-e-s Europe Ecologie Les verts et apparenté-es de la Ville de Lyon