Cartographie pollution avec le CEREMA // Intervention de Françoise Chevallier au conseil municipal // 1er juillet 2019
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Cette convention de partenariat entre le CEREMA et la ville de Lyon entérine un travail de co-construction d’une base de données géographique avec les données de localisation des établissements recevant des populations vulnérables (écoles, crèches, établissements de soins, établissements pour personnes âgées … ). Très précise, elle sera ainsi la référence pour différents acteurs publics et pour la publication de cartes sur la pollution de l’air ou la pollution sonore. Ces données sont très importantes pour l’action publique.

En avril dernier Greenpeace (nous les remercions) a publié une carte de Lyon avec les écoles impactées par la pollution de l’air. Cette action a conduit la Métropole à demander à ATMO Auvergne Rhône-Alpes la mise à disposition sur son site internet des cartes stratégiques de l’air, cartes qui localisent les établissements et leurs niveaux de pollution. Ces cartes stratégiques de l’air sont faites avec la base de données géographiques dont nous approuvons aujourd’hui le partenariat avec le CEREMA.

Cette mise à disposition plus tôt que prévu est une bonne nouvelle car elle permet une progression de la transparence sur ces sujets et une information directe du public. Un regret tout de même : l’accès à ces cartes n’est aujourd’hui pas aisé. Nous attendons que l’accès à ces cartes soit facilité, qu’elles soient mises à jour avec des données plus récentes (sur le site les données prises en compte datent de 2011 à 2015) et que l’ozone (objet de l’alerte rouge pollution de ces six derniers jours) fasse partie des polluants pris en compte. Et nous attendons aussi une mise à disposition rapide des cartes stratégiques sur le bruit.

La pollution de l’air a diminué depuis les années 2000 mais plusieurs constats sont préoccupants du point de vue de la santé publique.

  • La baisse est nettement moins prononcée ces dernières années avec une sorte d’effet plateau.
  • Le dépassement encore en 2018 de la valeur limite pour l’oxyde d’azote principalement au niveau des voiries principales.
  • Une grande partie de la population reste exposée à des niveaux de particules supérieurs aux valeurs recommandées par l’OMS et en particulier les PM 2,5 (93 % de la population de la Métropole pour les PM 2,5). Et on ne sait rien des particules ultrafines …
  • L’augmentation qui continue pour l’ozone, qui est trop souvent oubliée. L’ozone est un polluant lié au dioxyde d’azote, auc COV et aux UV, donc à la chaleur. C’est bien un polluant sur lequel on peut agir en diminuant la circulation automobile.

Les élus écologistes ont demandé une zone à faible émission plus ambitieuse en interdisant aussi la circulation des véhicules particuliers les plus polluants. Ils n’ont malheureusement pas été écoutés. Des axes de circulation ont été réduits récemment pour la circulation automobile comme le cours Gambetta ou l’avenue Lacassagne. Sans grosses difficultés de circulation automobile, il y a un phénomène dénommé «évaporation » qui résulte de ces restrictions : en effet les automobilistes sont des êtres intelligents qui s’adaptent soit en se déplaçant moins, soit en changeant de mode de déplacement ou de parcours. Ce ne sont pas les exemples qui manquent, y compris à Lyon. Tenons compte de cela pour réduire d’autres grands axes comme l’axe nord-sud ou encore le tunnel de la Croix-Rousse. Tenons compte de cela pour piétonniser la presqu’ile et d’autres coeurs de quartier. Ce sont ces actions qui permettront réellement l’amélioration de la qualité de l’air. Les enfants des écoles impactées (et en particulier ceux de l’école Michel Servet) ne peuvent attendre. Il faut agir de façon plus efficace : c’est une attente forte des lyonnaises et des lyonnais.

Enfin nous attendons des mesures complémentaires pour la qualité de l’air . Aujourd’hui les particules ultra-fines, dites PM1, ne sont pas mesurées ou alors de façon expérimentale. Ces particules ultrafines sont encore plus dangereuses car elles pénètrent plus profondément dans l’organisme. Nous savons que des filtres installés par les constructeurs automobiles tendent à augmenter la formation de particules ultrafines par fragmentation des PM10.

Il y a urgence à mettre en place une surveillance réglementée pour ces particules ultrafines.

On ne peut dire aux parents d’élèves, aux habitants, rassurez-vous la qualité de l’air s’améliore, nous agissons… mais il faut tenir compte de l’activité économique qu’il ne faut pas pénaliser…

Il y a dans l’enjeu d’amélioration de la qualité de l’air un véritable enjeu de santé publique . Nous ne pensons pas que l’Exécutif de notre ville prenne ce sujet à bras le corps !

Françoise Chevallier, conseillère municipale Europe Ecologie Les Verts de Lyon