Budget primitif 2018 de la ville de Lyon // Intervention de Françoise Chevallier au conseil municipal de Lyon // 18 décembre 2017
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Notre ville ne connaitra pas en 2018 de baisse importante de la Dotation Globale de Fonctionnement. En effet c’est l’arrêt de la contribution des collectivités territoriales au redressement des finances publiques qui a pesé 6 millions d’Euros pour notre collectivité en 2017 après 13 millions en 2016 et 2015. Celle-ci va être remplacée par un pacte financier entre l’État et les collectivités pour aboutir à une économie de 13 milliards en 5 ans. Cette économie sera le résultat d’un engagement des collectivités à ne pas dépasser 1,2 % d’augmentation des dépenses de fonctionnement chaque année, à ne pas investir plus qu’actuellement, l’objectif étant de diminuer leur endettement. Pour la ville de Lyon qui voit sa population croître chaque année cet objectif de 1,2 % sera difficile à tenir (on le voit pour le budget 2018 avec des dépenses réelles de fonctionnement qui augmentent de 1,8 %) car de nouveaux équipements ou agrandissements d’équipements (écoles, bibliothèques, équipements sportifs) se réalisent chaque année. Ce qui entraine une augmentationdes dépenses de fonctionnement. De même pour répondre à cette évolution de la population, le besoin d’investissements supplémentaires est nécessaire et il nous faudrait investir plus.

Concernant la suppression progressive de la taxe d’habitation au dessous d’un certain niveau de revenus, ce n’est pas une bonne nouvelle pour les collectivités car même si l’État annonce la compenser intégralement, cette compensation sera déterminée par les taux et dégrèvements appliqués en 2017. La réforme de la fiscalité locale annoncée est un vrai enjeu pour plus d’équité dans ce domaine.

La situation financière de notre ville reste solide : une capacité de désendettement à moins de 6 ans fin 2017 avec un niveau d’investissement proche de 100 millions d’euros par an comme prévu. Nous pourrions donc envisager d’investir plus pour les écoles, les crèches et équipements publics. Mais aussi pour la transition écologique. Cela est possible et nécessaire.

Nous connaissons toutes et tous l’urgence des mesures à prendre pour limiter le réchauffement climatique, rappelée par l’appel récent de 14 000 chercheurs du monde entier, rappelée lors du sommet climat à Paris du 12 décembre. Cela au niveau international, national mais aussi local.

Les investissements pour la rénovation énergétique de nos bâtiments municipaux sont porteurs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre mais aussi d’économies d’énergie et donc d’économies de fonctionnement. Nous avons un peu de retard sur notre objectif de diminution de nos consommations d’énergie pour 2020 puisque nous n’en sommes qu’à 10 % pour un objectif de 20 %.
Nous renouvelons donc notre proposition que la baisse de 1,5 million d’Euros décidée il y a un an concernant les investissements du plan climat soit revue et que nos investissements dans ce domaine soient augmentés.

Concernant les dépenses de fonctionnement, leur diminution ne peut être uniforme. Rappelons la priorité à donner aux équipements de proximité et à une une politique sociale efficiente car la crise économique actuelle a de fortes conséquences en terme de chômage et de précarité. Trop de personnes sont mal logées ou dorment dans la rue !

Nous souhaitons faire un focus sur les subventions aux associations. Une baisse de 130 000 euros a été décidée pour Tout le monde dehors. C’est à notre sens un mauvais choix car ce sont des animations faites dans les quartiers au plus près des habitants, souvent pour des personnes qui ne partent pas en vacances, et l’occasion pour de petites compagnies de se faire connaître. Un arrêt de la subvention à Depann Familles, association qui permet par la garde d’enfants l’insertion de femmes sur le marché du travail. Cet arrêt, couplé à celui de la CAF, va entrainer la fermeture de cette association. Une autre solution aurait pu être trouvée.
En parallèle les subventions aux gros clubs et associations sportives ne bougent pas. L’OL association conserve 224 000 euros de subvention et le club professionnel, la SASP OL, 380 000euros de prestations alors qu’elle n’est plus sur Lyon. Et le Lou Rugby association conserve une subvention de 600 000 euros ! Et le club professionnel, la SASP Lou Rugby, a une subvention inchangée de 220 000 euros et des prestations de 110 000 euros. Cette société a largement les moyens pour participer au fonctionnement de son association !

Enfin concernant l’économie, notre collectivité a tout son rôle à jouer en lien avec la Métropole pour accélérer les démarches d’économie circulaire territoriale par la commande publique (exemple du marché pour la restauration scolaire à venir) tout autant que par l’accompagnement entre autres des acteurs de l’ESS.

Pour terminer, nous vous rappelons notre demande d’agir auprès de nos partenaires financiers afin qu’ils réorientent leurs stratégies d’investissement dans un sens favorable au climat et au passage à une économie décarbonée. Le rôle des institutions financières et des entreprises pour orienter l’économie vers moins de carbone a d’ailleurs été mise fortement en avant lors la journée climat du 12 décembre. Cela fait partie des actions efficaces que notre ville peut porter pour répondre aux enjeux de lutte contre le dérèglement climatique et ainsi agir pour une justice sociale et environnementale.

Merci par avance pour votre écoute aux propositions des élu-e-s écologistes qui resteront vigilants sur tous ces sujets.

Notre groupe votera le budget 2018 mais s’abstiendra sur la délibération 27569 Attribution de subventions à divers organismes.

Françoise Chevallier, Présidente du groupe des élu-e-s Europe Ecologie Les Verts et apparenté-e-s de la Ville de Lyon