Budget et Programmation d’Equipements Pluriannuelle // Intervention de Françoise Chevallier au conseil municipal // 17 décembre 2018
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Notre ville garde une bonne santé financière, elle augmente pour la deuxième année consécutive son épargne malgré les baisses régulières de dotations de l’État ces dernières années, malgré une contractualisation mise en place par l’État qui contraint fortement les dépenses de fonctionnement. Alors cette bonne santé financière doit permettre à notre ville un fort engagement pour lutter contre le réchauffement climatique et soutenir la transition écologique.

Concernant les dépenses de fonctionnement la ville vise 1,05 % dans le cadre de ce budget pour respecter in fine les 1,15 % contractualisés avec l’État. 

La nouvelle organisation des rythmes scolaires avec moins d’enfants au périscolaire le mercredi matin (comparé au vendredi après-midi l’an passé), avec une prise en charge plus importante par les associations des centres de loisirs permet d’afficher une diminution des dépenses de fonctionnement. Nous aurions préféré une autre organisation plus respectueuse du rythme des enfants.

Des baisses de subvention aux associations : 

– la baisse de 164 000 euros pour les associations dépendant du sport professionnel avec redistribution vers le sport amateur va dans le sens que nous attendons. Mais les subventions au sport professionnel restent trop élevées

– la baisse de 265 000 euros de la subvention d’équilibre au CCAS ne doit pas hypothéquer l’action sociale menée par le CCAS. S’il y a des économies liées à la mutualisation avec les maisons métropolitaines de la solidarité, elles devraient aller à l’intensification de l’action sociale.

Concernant les recettes de fonctionnement il est à noter l’effet positif du Forfait Post Stationnement qui conduit les automobilistes à mieux payer le stationnement et en conséquence un gain de 5,5 millions d’Euros. Autre conséquence la diminution du nombre de déplacements en voiture : une bonne chose pour le climat et la qualité de l’air.

La Programmation d’Equipements Pluriannuelle est passée de 600 à 650 Millions d’Euros. Les 50 millions supplémentaires seront principalement affectés pour les équipements scolaires. Notre ville en a bien besoin étant donnée l’augmentation régulière du nombre d’habitants.

Nous attendions une augmentation pour les postes de la PEP liés au plan climat. Quelle déception ! Aucune modification, aucun investissement supplémentaire ! Et dans la programmation faite pour le poste Plan d’investissement énergétique et durable la moitié des crédits de paiement est programmée en 2020 et les années suivantes. Ce n’est pas sérieux. ! Alors que les scientifiques, l’ONU récemment alertent sur l’urgence des mesures à prendre pour rester au-dessous de 2°C. C’est dans les deux ans à venir qu’il faut changer notre prise en compte de ces enjeux. Alors qu’est-ce que la ville attend ? Elle a les moyens de ces investissements. Nous savons aussi que les investissements dans la transition écologique qui ne sont pas faits aujourd’hui  coûteront encore plus chers demain. Rappelons-le ce sont des investissements qui amènent des économies de fonctionnement.

Arrêtons-nous sur un point particulier qui illustre le manque d’exemplarité de notre ville pour la lutte contre la pollution de l’air et le dérèglement climatique.

Nous sommes à un an de la mise en place effective de la Zone à Faibles Emissions et la ville de Lyon compte encore dans sa flotte, des poids-lourds et véhicules utilitaires légers de vignette Crit’air 3, 4 et 5. Le poste Acquisition de véhicules de la PEP ne prévoit aucune augmentation alors que l’on sait que le montant des investissements prévus pour 2019 ne suffira pas pour financer les remplacements nécessaires. Pourquoi ne pas avoir augmenté ce poste ? On sait que la passation des marchés et la commande de véhicules peuvent prendre de 12 à 18 mois… La ville osera-t-elle demander des dérogations pour la mise en œuvre ? Ce serait incompréhensible : notre collectivité doit être exemplaire pour l’amélioration de la qualité de l’air !

Enfin la question du financement de nos investissements. Nous le répétons à nouveau : notre ville peut et doit agir auprès de ses partenaires financiers afin qu’ils réorientent leurs financements vers la transition énergétique et au passage à une économie décarbonée. Les nouveaux emprunts que fera notre ville doivent être faits auprès de partenaires qui investissent dans la transition énergétique, c’est aussi comme cela qu’une collectivité s’engage.

En septembre dernier, Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, déclarait – et nous souscrivons à ces propos : « Nous sommes à un moment décisif. Si nous ne changeons pas de trajectoire d’ici 2020, nous risquons de rater le moment où nous pouvons encore éviter un changement climatique incontrôlable, avec des conséquences désastreuses pour les individus et tous les systèmes naturels qui nous soutiennent. Ce qui nous manque encore, même après l’accord de Paris, c’est le leadership et l’ambition de faire ce qu’il faut ».

Ecoutons-le, écoutons aussi les marcheurs pour le climat à nouveau très nombreux samedi 8 décembre dans toute la France.

Monsieur le maire, vous avez lors de votre discours suite à votre réélection, indiqué l’importance des questions climatiques et écologiques dans la mise en œuvre des politiques publiques. Mais cela est loin de se traduire dans le budget et l’actualisation de la programmation d’équipements pluriannuelle que vous proposez pour 2019.

C’est pourquoi notre groupe s’abstiendra sur le budget et la modification de la PEP.

Françoise Chevallier

Présidente du groupe des élu-e-s Europe Ecologie Les Verts et apparenté-e-s de la Ville de Lyon

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