Vente du camping municipal de Lyon // Intervention d’Etienne Tête en conseil municipal // 29 mai 2017
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Sur le fond, je vous rappelle le rapport des Délégataires du Service Public du Camping. La saison 2014-2015, l’antépénultième année du contrat conclu en 2005 avec la société Indigo, a connu une augmentation de 20% du nombre de nuitées avec un allongement sensible de la durée des séjours de plus de 11%. Le camping bouclait donc un exercice avec une augmentation du chiffre d’affaire de 22% et un résultat net multiplié par un facteur 3,5 passant de 40 à 177 000 Euros. Jamais le camping municipal n’a aussi bien marché qu’au moment où on décide de s’en débarrasser.

Selon le grand principe selon lequel : « si ton chien à la rage, il vaudrait mieux l’abattre ». Il faudrait faire 3 300 000 Euros d’investissements. Là évidemment on est certain que le délégataire ne les fera pas, parce que faire 3,3 millions d’Euros de travaux quand on a une marge bénéficiaire de 177 000 Euros, évidemment cela ne sera pas amorti, même en comptant l’économie de 65 000 Euros de loyer. Le chiffre donné par le délégataire pour nous dire qu’il faut arrêter n’est pas crédible.
Soit nous pensons que nous devons avoir un camping, et le public fait beaucoup mieux que le privé avec un certain désintéressement, ou alors on n’a plus besoin de camping et on fait totalement autre chose de ce terrain.

Sur le fond, je pense que l’on se trompe, on aurait dû transférer au Grand Lyon et faire un bail emphytéotique.

Sur la forme, le prix ne veut rien dire : 3 millions d’Euros pour les 64 728m2, ce qui fait 46 Euros du mètre carré. Je pense qu’une mise en vente avec mise en concurrence est toujours meilleure. Le département en a été un très bon exemple quand ils ont vendu les archives départementales. Il y avait une estimation du service des domaines, finalement l’acheteur, l’ordre des avocats, l’a acheté plus du double de celle-ci. C’est la démonstration que le service des domaines n’est pas toujours pertinent.
46 Euros du mètre carré, cela rappelle à peu de choses près le prix des terrains à Décines, à 40 Euros du mètre carré. Sauf qu’à l’époque, on nous a expliqué que les terrains à Décines étaient constructibles alors que là on vend des terrains à 46 Euros qui sont soit-disant inconstructibles. C’est trop ou trop peu !

On me répondra que l’on a pris une mesure de protection avec une clause de « retour à bonne fortune ». Ce qui veut dire que dans 10 ans, s’il y a changement, on récupérerait de l’argent. Puisque vous nous avez dit que votre modèle pour votre ministère, c’était le modèle lyonnais, et, que pour la mairie, votre modèle c’était le modèle de Vaise. Je vais vous rappeler une histoire ancienne avec Monsieur Bruno Bonnel, actuel chantre d’En marche à Villeurbanne. En 2002 pour la venue de Bruno Bonnel à Vaise, le Grand Lyon a vendu des terrains à Monsieur Bonnel le 26 novembre 2002, qui les a revendu le 27 novembre en empochant une plus-value de 339 802 Euros soit 64 % du prix du terrain. Donc aujourd’hui on prend une « clause à retour de bonne fortune » en sachant très bien que 10 ans, ce n’est rien à l’échelle du patrimoine immobilier. On sait qu’il suffit d’attendre 10 ans pour rendre le terrain constructible et empocher la plus-value.

Aujourd’hui la sagesse c’est de garder ce terrain et de prendre la décision sur le camping. Nous sommes pour le garder le camping avec un bail emphytéotique.

Etienne Tête, conseiller municipal Europe Ecologie Les Verts de Lyon

Une réflexion au sujet de “Vente du camping municipal de Lyon // Intervention d’Etienne Tête en conseil municipal // 29 mai 2017

  1. Evidemment,Lyon a besoin d’un camping,pour accueillir les nombreux touristes itinérants,sous tente,caravane ou camping-car…ce camping se doit d’être accessible,bien repéré aux différents accès de la ville,propre et bien équipé.cette structure est un support pour plusieurs emplois.
    La vente,telle que présentée est une aberration économique et pratique.

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