Evolutions du stationnement payant à Lyon // Intervention de Françoise Chevallier au conseil municipal // 23 octobre 2017
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Je vais faire une intervention totalement différente de mes prédécessueurs, j’ai cru entendre à certains moments l’automobile-club qui se soucie peu de la pollution de l’air !

Le stationnement payant fait partie des outils des politiques de mobilité pour limiter l’usage individuel de la voiture en ville. En particulier pour les déplacements domicile-travail, lorsque les salariés n’ont pas de solution de parking sur leur lieu de travail, ils s’orientent alors vers des modes de déplacement plus respectueux de l’environnement en laissant si nécessaire leur voiture dans un parking relai. Cela joue aussi pour tous les autres types de déplacements loisirs, courses ou études.

Mais pour cela il faut que le stationnement payant soit respecté et qu’il n’y ait pas le niveau de fraude que l’on connaît aujourd’hui : en effet seuls 25 % du stationnement est payé par les automobilistes car le niveau d’amende à 17 euros est peu dissuasif. Cela veut dire 75 % de fraudeurs ! Par comparaison les Transports en Commun Lyonnais font des campagnes régulières contre la fraude pour 13 % de fraudeurs.

Il est donc nécessaire de mettre en place de nouvelles mesures pour faire mieux payer le stationnement. Le forfait post stationnement à 60 euros ou 35 euros selon les zones et l’augmentation des moyens de contrôle vont bien dans le sens de cet objectif. Deux précisions : le forfait post stationnement de 60 euros est du même montant que l’amende TCL et il reste deux fois moins cher que les amendes pour stationnement très gênant (sur trottoir, passages piétons ou bandes cyclables) qui lui est à 135 euros. Le renforcement des contrôles va aussi permettre de mieux verbaliser ce stationnement dangereux pour les autres usagers piétons ou cyclistes.

A noter que la loi a fléché l’utilisation du produit des Forfaits post stationnement pour des politiques de mobilités respectueuses de l’environnement (amélioration des transports collectifs ou développement des modes actifs). La Métropole à qui le montant de ces forfaits sera reversé pourra ainsi par exemple renforcer son plan pour les mobilités actives. Cela ne reviendra donc pas dans les caisses de la ville !

Quant à la vignette résident qui a pour objectif de favoriser le stationnement résident sur la voirie pour les habitants qui n’ont pas d’autre solution en zone payante, son usage est souvent détourné. Par exemple certains se garent dans la rue alors qu’ils ont l’usage d’un parking privé, certains louent leur parking ou l’utilisent à d’autres fins.
Nous regrettons que la direction des Impôts ne donne pas les informations qui permettrait de délivrer la vignette résident aux seuls habitants qui ne disposent pas d’un parking privé. De ce fait le paiement de la vignette devrait permettre d’en réserver l’accès à ceux qui en ont vraiment besoin. En effet cela devrait limiter les usages de confort. 40 euros par an cela fait 3,30 euros par mois et donc une vignette mensuelle qui revient à 23,30 euros, cela reste peu cher pour une occupation de l’espace public.

Notre groupe regrette fortement que l’on n’ait pas profité de cette réforme pour enfin supprimer la 2ème vignette résident. Aujourd’hui seuls 13 % des ménages ont deux voitures ou plus. La ville n’a pas à favoriser la multimotorisation des ménages, c’est le cas avec la 2ème vignette. C’est contraire à l’objectif affiché du nouveau PDU en la matière.

Enfin nous sommes satisfaits des mesures encourageant l’utilisation de véhicules propres (électriques ou hybrides en cours de rechargement) : la première vignette résident à moitié prix, un tarif de stationnement moins élevé voire gratuit en cas d’épisode de pollution. Nous espérons que ces mesures concerneront aussi les véhicules qui fonctionnent au gaz renouvelable car il ne faut pas favoriser seulement l’électricité.

Ayons bien en tête que la pollution de l’air est toujours prégnante à Lyon et que les alertes pollution y sont régulières : depuis début 2017 le seuil d’information, préalable au déclenchement d’alerte pollution, a déjà été dépassé 20 fois et l’alerte pollution déclenchée 10 fois. Tout en sachant que les autres jours nous sommes très souvent au-dessus des seuils préconisés par l’OMS. Nous savons tous que cela a de graves conséquences sur notre santé et surtout celle des plus fragiles (enfants, femmes enceintes et personnes âgées).

Il nous faut donc prendre les mesures pour limiter les déplacements individuels en voiture et encourager et accompagner les changements de comportement. Ces nouvelles mesures concernant le stationnement payant en font partie.

Notre groupe votera les trois délibérations.

Françoise Chevallier, Présidente du groupe des élu-e-s Europe Ecologie Les verts et apparenté-e-s de la ville de Lyon

Une réflexion au sujet de “Evolutions du stationnement payant à Lyon // Intervention de Françoise Chevallier au conseil municipal // 23 octobre 2017

  1. bonjour,
    Il faut augmenter les contrôles et pas les amendes (pour d’autre sujets aussi).
    Il faut pas oublier que les transports en commun ne seront jamais valables pour: les gens chargés, les arrêts multiples, les faibles physiquement, les déplacements hors ville/mixte, ces facteurs peuvent s’appliquer aussi aux plusieurs membres du foyer. Il faut construire les parkings (à prix modique) pour les résidents. Je trouve anticonstitutionnel que ‘une classe de résidents’ puisse s’accaparer la rue.
    Oui aux transports en commun, Non à une vie de galère.

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